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Semi marathon de Bordeaux 2016 : compte-rendu !

avril 13, 2016
semi marathon bordeaux 2016 completementfraisy

Samedi 9 avril, je faisais partie des 13000 (et quelques) personnes à prendre le départ de semi marathon de Bordeaux 2016.

Quand j’arrive place des quinconces vers les 17h, je commence à réaliser l’ampleur de l’évènement. Le village Marathon est rempli, une ambiance assez sympa avec de la musique et des animations. Information importante (et je sais que je vous ai saoulé avec ça) à cette heure là : il ne pleuvait plus !! Une atmosphère particulière entre stress et impatience avec une véritable fourmilière de runners qui se constitue au fil de la journée. Je suis avec la famille donc je vis l’attente plutôt positivement, on rigole ça change les idées. 18h30 le speaker demande à tous les runners de rejoindre progressivement les sas de départ. Mon objectif de temps était de finir le semi en moins de 2h, je pars donc m’insérer dans le sas « 1h55 ». Je regarde les gens autour de moi tout en m’échauffant, ils ont l’air serein, ça me replonge dans mes interrogations « est-ce que moi je vais y arriver ? est-ce que je ne me suis pas gourée de sas ? qu’est-ce que je fous là ? ». Bref vivement le départ que je me concentre sur la course !

18h45 : les meneurs d’allure rejoignent les sas. C’est trop drôle, ils ont des oriflammes accrochés dans leur dos avec le temps correspondant pour rester visibles (dans mon cas « 1h55 »). Je suis quelques rangs derrière mais je sais qu’il faut que je le garde en ligne de mire pour finir ce semi en moins de 2h.

18h50 : échauffement collectif, ça avait l’air vraiment pas mal mais la scène était placée au niveau du premier sas « 1h30 » donc de là où j’étais on devait se contenter de prendre exemple sur le mec de devant qui prenait exemple sur le mec de devant, etc. autant vous dire que ça, ça marche comme le téléphone arabe, au bout du 10e relai du fais des fentes alors que sur la scène ils font des squats … je décide de faire mon propre échauffement car l’attente est longue, il faut rester actif pour ne pas se refroidir.

19h : départ des premiers sas, je me dis « ça y est c’est parti ». Oui mais non, avec autant de monde les choses prennent beaucoup plus de temps, ce qui est tout à fait normal.

19h17 : on est à quelques mètres de la ligne de départ comme des dingues, tels les gaulois attendant de se ruer sur les soldats romains dans Astérix !

19h20 : top départ, le meneur d’allure prend la tête du peloton ! Je trouve qu’il va très vite, après quelques centaines de mètres parcourus je regarde ma montre : 13,5km/h, je comprends mieux, ça m’inquiète mais je me dis que c’est lui le pro il doit savoir ce qu’il fait. Après 1km on est toujours à cette allure, certains runners autour de moi qui sont en groupe commencent à dire que ça va trop vite, certains ralentissent, je me dis « ouf, je ne suis pas folle, il ne respecte pas la vitesse attendue » mais je continue, je ne sais pas, je persiste à penser qu’il doit savoir ce qu’il fait. Ce qui me trahit c’est mon plein d’énergie en début de course, je suis en train de bouffer tout mon carburant et je ne m’en rends pas compte.

km 2 : le meneur d’allure se rend enfin compte qu’il va trop vite « vous êtes partis tellement vite que ça m’a entrainé » … oui enfin tu es assez grand pour te réguler tout seul ! Il commence à ralentir mais on est toujours à 12,5 km/h.

km 3 : on a passé le pont Chaban Delmas, on a encore ralenti mais on reste à 11,5 km/h.

km 5 : premier ravitaillement au niveau du Pont de Pierre, je ne m’arrête pas, mais je décide (enfin) de lâcher le meneur d’allure, je sens que j’ai fait une gros connerie à vouloir le suivre et que je vais m’en mordre les doigts. Je passe le Pont de Pierre, il y a tellement de monde pour nous soutenir c’est dingue ! Et ça boost ! Je suis enfin à la bonne allure 10,9 km/h.

km 7 : je me fais la réflexion que ce parcours est semé de faux plats en fait ! Et la j’entends un « biiip » qui vient de ma montre. je regarde : signal GPS perdu … « c’est une blague!!! », je ne peux m’empêcher de me concentrer sur le prix que j’ai mis dans cette montre, je suis trop énervée, le meneur d’allure qui va trop vite, la montre qui lâche, c’est quoi le prochain ? Je reviens à la réalité quand j’entends des « allez Marie, Allez Marie » de part et d’autre du parcours. J’ai enfin trouvé l’utilité d’avoir notre nom de marqué sur le T.shirt du marathon 🙂 tu es encouragé(e) même si tu es seul et ça !! Ça c’est bien pensé !!

km 9.5 : ma montre fonctionne à nouveau, elle affiche 11.08km parcourus, je trouve ça bizarre car je pensais qu’il y avait un point de ravitaillement à 10km …

km 10 : je vois le panneau « 10km » je suis dégoutée ma montre déconne vraiment là, on vient de me rajouter 1,08km/h à faire et pour le moral ça pique. Je décide de m’arrêter boire de l’eau car je n’arrive pas à boire dans ma gourde, GROSSE ERREUR !

km 12 (ou 13) : je suis au bout de ma vie, j’ai un énorme point de côté qui me suit depuis le ravitaillement des 10km, j’ai dû mal gérer la reprise. Jusqu’ici je tenais tant bien que mal mon allure de 10.9km/h, je sais à ce moment que je peux dire adieu à mon objectif. Je suis obligée de m’arrêter car mon point de côté m’empêche vraiment de respirer à mon aise. Je sais que j’aurais du mal à repartir, s’arrêter c’est très mauvais pour retrouver le rythme et la cadence…Je vois les gens qui me dépassent « grrrrrr » et puis je relativise, à partir de maintenant le but est d’aller au bout alors ça prendra le temps qu’il faudra. je marche un moment puis je repars difficilement, le point de côté est toujours là.

km 15 : je profite du ravitaillement, moi qui ne m’étais jamais arrêtée sur le premier semi marathon, au moins je vis une nouvelle expérience (évidement sur le moment, je me dis ça avec un soupçon d’ironie..). On entame une très grande ligne droite à faire en allé-retour. C’est dur de tenir, les gens continuent de me dépasser, à ce stade je crois que le meneur d’allure pour « 2h00 » m’a déjà dépassé lui aussi. Il fait quasiment nuit, je ne vous parle plus de ma montre qui a perdu son signal GPS au moins 4 ou 5 fois depuis le km 7. A cet instant, je regrette clairement de ne pas avoir fait comme sur mon premier semi et de ne pas être parti à mon rythme quelque soit ce qu’il se passait autour de moi. Mais bon, c’est trop tard pour revenir en arrière il faut continuer !

km 18 : niveau allure de course je suis au plus mal, enfin je crois, vu que ma montre déconne je ne sais même pas à combien je cours, super ! Des fois elle me met 13km/h surement parce que j’ai allongé la foulée, à d’autres moment j’ai le droit à un 8km/h. je me rends compte que ce qui me fait avancer c’est de penser au prochain ravitaillement sur lequel je pourrais marcher quelques mètres (chacun son truc hein 😉 ). Au fait, j’ai mangé quelque chose pendant une course longue distance et je n’ai pas eu de problème « sanitaire », trop bien ! J’aperçois pour la première fois mes proches qui devaient être aussi désespérés que moi d’avoir tenté de me trouver dans la foule en vain (au passage le suivi du dossard en direct ça ne marchait pas ). Ils me voient dans un sale état, il me reste 3 km à parcourir et je ne sais pas comment je vais faire pour y arriver.

semi marathon de Bordeaux 2016 complètementfraisy

Tu le sens le fond du seau sur ma tête ?! 🙂

km 19,5 : la foule en folie, qui a déjà commencé à pinter pour certains, nous encourage plus que jamais. Ils sont tellement à fond qu’ils nous disent « aller dernière ligne droite » quasiment tous les 10m. Je me rends bien compte que ce n’est que l’expression (dommage, j’ai vraiment envie d’en finir).

km 20,5 : la vraie dernière ligne droite arrive, j’essaie de donner ce qu’il me reste d’énergie, comme une tortue étant persuadée de faire un sprint, de l’extérieur ça ne se voit pas du tout. Je passe la ligne et je fonds en larme, je laisse sortir toute la frustration accumulée pendant la course. Heureuse d’en avoir terminer avec ce parcours ! Je pars récupérer ma médaille (youpi), manger un bout et je file me changer pour retrouver ma famille qui était là heureusement pour donner un « happy ending » à cet événement.

Voilà pour le compte rendu du semi marathon de Bordeaux 2016.

Je tenais à vous remercier, vous tous qui m’avez soutenu pendant la préparation du semi-marathon et jusqu’à quelques heures avant la course. J’ai eu de la chance également d’avoir ChériChéri en soutien sur certaines séances de préparation, quand on est deux il y en a toujours un pour motiver l’autre à aller au bout et se surpasser. Je sais, beaucoup de négatif ressort de ce compte rendu mais j’avais besoin de mettre par écrit ce que j’ai vraiment ressenti sans arrondir les angles. J’ai tellement mis d’énergie dans ma préparation, j’y ai laissé quelques heures de sommeil au passage, j’ai fait des concessions pour mener à bien mon deuxième semi marathon et sur le coup je l’ai vécu comme un échec. Avec un peu de recul, bien qu’ayant passé la ligne d’arrivée c’est toujours un échec pour moi par rapport à l’objectif personnel que je m’étais fixé mais j’en ai tiré deux ou trois leçons que je garderai en tête pour les prochaines fois. ce sont des choses qui arrivent !

En tout cas rassurez cous, ce n’est pas ce genre d’événement qui va me faire reculer et tout arrêter ! Au contraire j’ai encore plus la gnac et l’envie de me dépasser pour mes prochains challenges sportifs 🙂

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7 Comments

  • Reply Hollyvia avril 13, 2016 at 7:34

    Je l’attendais avec impatience ce compte-rendu 🙂 Les meneurs d’allure, pour moi c’est le diable *lol* T’inquiète on ira lui casser la gueule à cet énergumène avec un oriflamme dans le dos xD L’important c’est d’être allée au bout ma belle ! Moi je suis fière de toi et je sais que ça t’a donné la rage pour faire un temps de ouf sur ton prochain semi, donc je ne m’inquiète pas.
    Et t’as pas l’air tant que ça au fond du seau sur la photo xD

    • Reply Marie La Fraise avril 13, 2016 at 7:24

      Ouuiiii on lui fera sa fête la prochaine fois merci ma belle c’est très gentil

  • Reply dreyliciouss avril 13, 2016 at 1:29

    Euh c’est quoi ce meneur d’allure qui se laisse porter par les autres? C’est qui est censé donner le rythme, il est pas censé prendre celui des autres… WTF?!
    Le souvenir que je garde de la première édition de l’an dernier c’est le monde qu’il y avait sur toute la course même à minuit !!! C’était hyper motivant !!
    On apprend de ces erreurs ma belle. Pour le départ de la course, maintenant tu sais que tu la gèreras comme tu le sens 😉 Surtout sur une longue course.
    C’est bien de garder une trace écrite de comment tu as vécu cette course. Pour la relire plus tard. Pour se rappeler les erreurs qu’on a pu faire et se souvenir des leçons qu’on retient.
    Je te dis un grand grand bravo pour être allée au bout !! La prépa ca sert aussi à ca. Entrainer son mentale et ne pas lâcher coute que coute. Tu peux être fière 😉
    Et comme tu le dis, les échecs nous donne envie de redoubler d’effort pour retenter d’atteindre l’objectif une nouvelle fois 😉

    • Reply Marie La Fraise avril 13, 2016 at 7:22

      Après je me dis du coup que les meneurs d’allures sont là pour accompagner les plus à l’aise à la limite j’aurais du aller Dans le sas pour les 2h ça aurait été plus simple. Mais bon c’est fait c’est fait passons à autre chose

  • Reply mary les baskets roses avril 13, 2016 at 7:03

    j’avais hate de lire ton CR, j’ai essayé de te suivre avec le suivi mais à les croire tu aurais fait un semi de 25km…
    En tout cas bravo d’être allée au bout, tu peux être fière de toi!

    • Reply Marie La Fraise avril 13, 2016 at 7:19

      C’est vrai ?? mes proche ont essayé aussi et impossible de voir quoi que ce soit tu as déjà utilisé ce type de suivi toi ? Merci beaucoup en tout cas

  • Reply Astrid (Rhapsody in Green) avril 14, 2016 at 7:41

    Aie, le comportement du meneur d’allure n’est vraiment pas réglo… Moi j’étais dans le SAS 2h et j’ai dépassé le meneur des 2h au 15e kilomètre sans jamais le recroiser ensuite, et je finis pourtant en 2h et quelques secondes. Bref, très bizarre ça ! En général, je suis plus dans l’optique « je ne fais confiance qu’à ma montre », c’est vraiment dommage que la tienne t’ait lâché… Je comprends ta déception en tous cas. Le prochain sera le bon ! Bises

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